Je voulais une démo. Pas un vrai client, pas un cahier des charges : une vitrine à montrer à des prospects pour dire « voilà ce que je sais faire ». J'ai inventé une galerie d'art new-yorkaise, entièrement fictive, et je me suis lancé.
Premier réflexe : Webflow. C'est l'outil qu'on cite quand on veut du no-code sérieux, celui qui promet le contrôle visuel sans bricolage. Sur le papier, parfait pour une démo soignée.
Ça n'a pas tenu la soirée.
Premier accroc : tout coûte cher
Je pilotais Webflow via son intégration à mon assistant IA (un pont qui laisse l'assistant agir directement dans l'outil). L'idée était de gagner du temps : je décris ce que je veux, l'assistant le construit.
Sauf que la moindre action consommait une quantité de ressources déraisonnable. Ajouter un bloc, déplacer un élément, ajuster un détail : chaque opération partait dans un aller-retour énorme. Ce qui devait m'accélérer me ralentissait, et me coûtait à chaque geste. J'ai vite commencé à hésiter avant chaque petite modif, ce qui est exactement l'inverse de ce qu'on cherche quand on prototype.
Le déclic : une police de caractères
Et puis je suis tombé sur un mur stupide. Je voulais changer la police. Pas refondre la charte, pas ajouter une fonctionnalité : juste changer la font.
Bloqué. Limite du plan gratuit.
C'est là que je me suis arrêté. Pas parce que c'était infaisable en payant, mais parce que le message était limpide : sur cet outil, je ne suis pas chez moi. Le jour où j'ai besoin d'un truc banal, c'est l'outil qui décide si j'y ai droit. Pour une démo dont je veux justement maîtriser chaque pixel, c'était rédhibitoire.
Le pivot : WordPress, en local
J'ai tout arrêté et je suis reparti sur WordPress, installé en local sur ma machine. Le contraste a été immédiat.
En local, je fais ce que je veux. Je change la police quand je veux, comme je veux. Je touche au code quand l'interface ne suffit plus. Rien ne me demande de payer pour débloquer une option, rien ne compte mes actions. C'est franchement plus agréable.
Ce n'est pas gratuit en effort, soyons honnêtes. WordPress demande plus de mise en route que Webflow : il faut installer, configurer, comprendre la structure. On perd le confort du glisser-déposer immédiat. Mais cet effort, je le paie une fois, au départ. En échange, je récupère ce que Webflow ne me rendait pas : la maîtrise.
La vraie leçon : le contrôle d'abord
Si je devais résumer, c'est ça. Sur une démo, et plus largement sur un projet client, la vitesse du premier jour compte moins qu'on ne le croit. Le vrai critère, c'est le contrôle.
Un outil qui vous accélère au début mais qui vous bloque sur un changement de police le jour venu, ce n'est pas un gain de temps, c'est une dette. Vous découvrez la limite au pire moment, sur un détail, parfois devant le client.
Le no-code en SaaS a de vrais avantages, je ne crache pas dessus (je compare les outils plus en détail dans un autre article). Mais quand le livrable doit être irréprochable et qu'il porte votre nom, savoir qu'aucune limite arbitraire ne se dressera entre vous et le résultat, ça change tout.
La démo, finie sur WordPress, est en ligne : voir la galerie. Elle existe parce qu'un soir, un changement de police m'a fait changer d'outil.